Histoire de Djibouti, History of Djibouti
1) Rappel
L'existence de nombreux sites
archéologiques témoigne de la très ancienne présence de l'homme dans la
Corne de l'Afrique. Les Egyptiens fréquentèrent le "pays de Pount", les
Grecs naviguèrent le long des côtes de la Mer Erythrée, imités par les
Romains (expédition d'Aelius Gallus). Les galères franques du croisé
Renaud de Chatillon en ravagèrent les ports durant l'année 1183.
Des cités actuelles de la région, Tadjoura est l'une des plus anciennes. Des écrits du XIIIème siècle attestent son existence. Mais en fait, l'actuel territoire de la République de Djibouti ne fut peuplé jusqu'en 1862 que par des pasteurs nomades Issas et Afars. Les sultanats Afars, principautés quasi indépendantes, étaient rattachés de loin au Pacha de Hodeida, représentant de la "Sublime Porte". Les chefs de ces principautés vivaient des dîmes perçues sur les caravanes qui se livraient au trafic avec l'intérieur.
Le
premier traité fut signé le 11 mars 1862 entre Thouvenel, Ministre des
Affaires Etrangères et Dini au nom des Sultans de Raheita, de Tadjourah
et du Gobad. Il portait cession du mouillage d'Obock et de la côte
depuis le ras (cap) Ali jusqu'au ras Doumeira.
Le 20 mai
1862, le pavillon français fut hissé à Obock pour la première fois,
mais, jusqu'en 1881, seul un vieil Afar était chargé de sa garde. Les
convoitises de l'Egypte sur ce territoire, et la nécessité d'assurer,
au débouché de la Mer Rouge, le soutage des navires français faisant
route vers le Tonkin, décidèrent la France à désigner un gouverneur. Le
29 décembre 1883, le vicomte Léonce Lagarde de Rouffreyroux était nommé
"Commissaire du Gouvernement en mission spéciale à Obock pour la
reconnaissance et la délimitation du territoire d'Obock". Il signa des
traités de protectorat avec les Sultans Afars et avec l'Ougas (chef
suprême) des Issas.
Dès 1885, des compagnies commerciales
s'installèrent au ras Djibouti. Le 20 mai 1896, Djibouti devint par
décret capitale de la côte française des Somalis et Dépendances. Le
développement de la ville fut définitivement assuré par la création du
chemin de fer d'Ethiopie. Commencés en 1897, les travaux prirent fin en
1917, lorsque la liaison fut établie à Addis-Abeba. Le port, simple
rade au début, fut doté peu à peu d'équipements modernes.
La
colonie partagea les heures sombres de la métropole. Le bataillon
somali reçut la Croix de Guerre à deux reprises, pour sa conduite à
Douaumont, lors de la Grande Guerre, puis à Royan, lors du second
conflit mondial. En 1941 et 1942, Djibouti, restée fidèle au
Gouvernement français de Vichy, soutint un blocus des plus rigoureux
jusqu'à l'entrée des Forces Françaises Libres.
Les étapes de l'indépendance
Après
la seconde guerre mondiale, la gestion administrative et le pouvoir
politique de la Côte française des Somalis allaient progressivement
passer de la métropole à Djibouti.
Dès 1945, un Conseil
Représentatif formé de deux sections, française et autochtone, envoya
des délégués à l'Assemblée Nationale française.
En 1956, la
promulgation de la Loi-cadre institua une Assemblée Territoriale, élue
au suffrage universel, et un Conseil de Gouvernement de huit ministres.
M. Mahamoud Harbi devint le premier Vice-Président du Conseil.
En
1958, il se déclara favorable à l'indépendance immédiate du territoire
et fit campagne en faveur du "NON" au référendum constitutionnel ; mais
les élus locaux, sous la conduite de MM. Hassan Gouled et Mohamed
Kamil, optèrent pour le "OUI". M. Mahamoud Harbi, désavoué, s'expatria
en 1960 à Mogadiscio où il fonda le Front de Libération de la Côte des
Somalis (FLCS), avant de périr dans un accident d'avion. La même année,
M. Ali Aref devint Vice-Président du Conseil de Gouvernement.
La
visite du Général de Gaulle, en 1966, donna lieu à de graves incidents.
Le 19 mars 1967, un premier référendum fit repousser l'indépendance par
60 % des voix. Ce résultat occasionna des émeutes, puis la dissolution
du Parti du Mouvement Populaire de M. Hassan Gouled Aptidon qui avait
fait campagne pour l'accession à l'indépendance. La Côte française des
Somalis devient alors territoire français des Afars et des Issas, M.
Ali Aref présidant le Conseil du Gouvernement et un Haut-Commissaire
représentant le Gouvernement français.
Des heurts opposèrent
Afars et Issas jusqu'au départ de M. Ali Aref, puis l'union nationale
se réforma autour de la Ligue Populaire Africaine pour l'Indépendance
(LPAI) de M. Hassan Gouled Aptidon, qui devint le premier Président de
la République de Djibouti, proclamée le 27 juin 1977.
Les
citoyens de la République de Djibouti ont reconduit pour six ans, le 24
avril 1987, le mandat que l'Assemblée nationale avait donné en 1977 à
M. Hassan Gouled Aptidon pour assurer le pouvoir exécutif, et que le
suffrage universel avait renouvelé le 2 juin 1981. Le Chef de l'Etat
exerce également la Présidence du parti unique, le Rassemblement
Populaire pour le Progrès, créé en 1979.
Depuis le 12 juillet
1977, date de constitution du premier Gouvernement, quatre ministères
se sont succédés. L'actuel Premier Ministre, M. Barkat Gourad Hamadou,
a été désigné le 21 septembre 1978.
Des élections législatives ont eu lieu en mai 1982 et avril 1987.
Une
guerre civile éclatera en 1991 entre les rebelles Afars et le pouvoir,
dominé par les Issas. Dix huit mille Djiboutiens chassés par cette
guerre se réfugieront dans une région Afar d'Ethiopie.
En
décembre 1992, premières élections législatives pluripartites de
l'histoire de la République de Djibouti. Elles sont boudées par la
communauté Afar.
En mai 1993, le Président Hassan Gouled
Aptidon est reconduit à la tête de l'Etat pour un quatrième mandat. Peu
après, l'armée nationale investit la zone tenue par la guérilla Afars
(les trois quart du pays);
En décembre 1994, le gouvernement
djiboutien signe un accord de paix avec le FRUD (Front pour la
Restauration de l’Unité et de la Démocratie), qui sera légalisé en 1996
et dont les principaux chefs seront arrétés en octobre 1997.
Le Président Hassan Gouled Aptidon transmet par décret l'essentiel de ses pouvoirs à son neveu Ismäel Omar Guelleh en 1997.
2) Langues
Les
langues officielles sont le français et l'arabe. Le français est la
langue utilisée dans la vie courante par les Européens,
l'Administration et les commerçants. Les langues vernaculaires sont
l'afar et le somali.
3) Religions
L'islam de rite sunnite est la religion de l'ensemble de la population djiboutienne d'origine (majorité sunnite).
Le
christianisme n'est pratiqué que par les communautés étrangères. La
pratique des cultes catholique et protestant est autorisée, mais pas
celle du culte israélite.